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Père Georges Chevallier (1932-2012)

Le père Georges Chevallier a brutalement disparu, ce week end, dans la nuit de samedi à dimanche.

Une nouvelle qui frappe durement tous ceux qui l'ont connu, tant la figure joviale et atypique du père Chevallier a marqué les esprits de ses paroissiens à Montluçon et Néris les Bains.

Né en 1932 à Commentry, il fut ordonné en 1957 et avait célébré en juillet 2009 les 50 ans de son sacerdoce. Il passa une dizaine d'années en tant que directeur spirituel au collège Saint-Dominique, puis 12 ans comme curé de Chantelle.

Puis, il officia 16 ans en l'église Saint-Pierre de Montluçon avant de rejoindre en 2001, la paroisse de Commentry-Néris-Marcillat (Actuelle paroisse Sainte-Famille).

Il avait pris une retraite bien mérité voici 5 ans, tout en continuant de participer activement à la vie de l'église montluçonnaise.

Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 8 février, à 15 heures, en l'église Saint-Pierre, à Montluçon.



Hommage du père Michel Mercier


Quatre prêtres sur huit enfants! On pourrait croire que Georges est né (en août 1932) dans  une famille très engagée dans la vie de l’Eglise... Non. Un papa cheminot, Joseph ... pas dans la Foi. Mais droit et respectueux: “Vous voulez faire des curés, disait-il aux enfants, alors faites-en des bons !”. Et si l’un d’eux se tenait mal quand leur maman les faisait prier, il lui bottait les fesses ! Ces quatre vocations sont la grâce d’une maman -”Toinette”- qui savait faire prier ses enfants. Toute la vie Georges en portera la marque.

Ordonné prêtre en juin 1959,  vicaire à St Pourçain durant trois ans, il est ensuite nommé au collège Saint Dominique de Vichy, où il laissera un profond souvenir. “Il nous a appris à aimer Jésus, à lui parler comme à un ami”, me confiait une ancienne... Très à l’aise avec la jeunesse, jamais à court d’idées et d’initiatives, même s’il n’était pas toujours évident de travailler avec lui : “il change toujours le programme!”... Georges vit le présent, pleinement, tant pis s’il lui faut vendre sa voiture, à la fin d’un camp de vacances, pour boucler les comptes!

C’est à Chantelle, en 1973,  qu’il poursuivra son ministère. Très proche des gens, il fait vite de la paroisse un pôle vivant. Une belle liturgie. Des voyages... Plusieurs se souviennent du métro où une paroissienne était tombée dans l’escalier roulant, sa robe coincée dans le mécanisme ! On se souvient aussi - Georges racontait souvent l’incident -  de sa maman enfermée toute la nuit dans l’église! Chaque année, la veillée pascale, chez les soeurs du monastère, était un événement très suivi.

Puis ce fut Saint-Pierre de Montluçon, en septembre 84. Tout de suite avec son style très libre, et ses premières phrases qui font choc: “Vous ne m’avez pas choisi, et moi non plus je ne vous ai pas choisis...” Georges m’avait dit en arrivant: “Je ne fais pas de sermon. Je parle aux gens. Ce que je dirai paraitra un peu décousu, ou simpliste, mais on verra peu à peu que ça fait un tout”... Les paroissiens l’ont vite compris: ils s’amusaient des images inattendues, parfois incongrues, mais ils appréciaient l’explication toujours profonde de la Parole de Dieu. C’était son charisme. Il savait rejoindre les gens, les nourrir et les “ressourcer”, avec des mots simples, directs, qui sortaient du coeur, et alimentaient leur prière tout au long de la semaine...

Georges n’était pas un fervent des réunions ... Indépendant d’esprit, il avait du mal à se faire aux exigences et limites d’un cadre commun.  Il aimait profondément l’Eglise mais il agissait parfois seul, au risque de faire gémir  les voisins ! Le don de Georges  était celui du contact. Il avait le sens des personnes, l’écoute chaleureuse, toujours le mot juste. Il fut un excellent conseiller spirituel, au jugement sûr. Son franc-parler et son humour pouvaient être rudes, mais jamais vraiment durs pour autrui ! J’ai souvent apprécié sa capacité à admirer ce que d’autres faisaient, disaient... et ses gestes  qui révélaient sa proximité avec les petits:  tel ce jour  où découvrant au guichet de la banque une femme en détresse, il lui remet la quête du dimanche qu’il était venu déposer! Georges donnait l’image d’un prêtre plein d’humanité,  libre, l’image d’un prêtre heureux.

Son départ pour Néris - en 2001 -  lui fut douloureux, et fut aussi difficilement accepté par la communauté de St-Pierre...  En retraite depuis quatre ans, Georges demeurait bien présent dans la vie de l’Eglise. Fraternel et détendu, disponible... Mais derrière son aspect décontracté, on sentait la profondeur de son interrogation: “Parfois, le soir, disait-il un jour à ses confrères, je me demande: est-ce que tu as gagné ton pain aujourd’hui ?”. Et voici peu, il nous confiait que ”les larmes lui venaient en prononçant les paroles de la consécration”... Prise de conscience toujours plus grande du don de Dieu, de la confiance de Dieu à ses prêtres.

Georges rejoint aujourd’hui ses frères et soeurs déjà partis vers Dieu, et qu’il a soutenus. En particulier ses frères prêtres Simon, Jean-Baptiste dont le départ l’avait tant affecté. Ces derniers temps, il était souvent près de Joseph,  malade, pour lequel il s’inquiétait. Et c’est lui Georges qui le précède...  Comme il nous précède, tous !  Georges nous invite ce soir à “garder notre lampe allumée”!

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Date de la dernière mise à jour de l'article : 2012-02-11