Libre propos du 23 décembre : La fête de Noël
La fête de Noël
Nous voici à quelques heures de la fête de Noël.
Un peu partout on s’affaire, on prépare des réunions de famille autour d’un bon repas,
on fait des courses à la recherche de cadeaux à offrir à ses proches.
Tout cela n’est-il pas étonnant ?
Il est frappant de voir en effet que,
bien que très peu de gens soient des pratiquants réguliers de la foi chrétienne
(la moyenne nationale doit tourner autour de 4% de la population),
environ 70 % des gens se disent chrétiens et quasiment tout le monde va fêter Noël.
Or Noël est une fête qui célèbre un événement central de la foi chrétienne,
à savoir ce qu’on nomme l’incarnation,
c’est-à-dire l’entrée de Dieu dans la condition humaine !
Cela m’inspire trois réflexions.
Premièrement j’y vois la preuve que, quoi qu’on en dise,
notre culture est profondément marquée par ses racines chrétiennes.
Beaucoup de nos concitoyens ne connaissent pas très précisément le sens de Noël,
mais la mémoire collective a enregistré que nous vivons quelque chose d’important.
Deuxièmement, dans ce consensus pour faire de Noël un jour pas comme les autres,
je vois un hommage inconscient rendu à Jésus-Christ
et la preuve de la portée universelle de sa venue parmi nous.
Si l’humble et fragile enfant de la crèche a le pouvoir de mobiliser autant de gens
deux millénaires encore après sa venue,
c’est bien parce qu’il est le Fils de Dieu !
Enfin, je constate que Noël réveille ce qu’il y a de meilleur dans le cœur de l’homme
et lui donne l’occasion de mettre en œuvre beaucoup d’énergie
pour répondre aux aspirations profondes que Dieu à inscrites en lui.
Voyez ce que ce que les gens retiennent le plus :
c’est, d’une part, le côté familial, d’autre part l’aspect solidarité.
Noël, c’est la fête de famille par excellence.
Les générations se retrouvent et se rassemblent
avec une attention particulière pour les jeunes enfants,
certainement parce qu’ils représentent l’avenir et ouvrent à l’espérance.
Noël c’est aussi le temps privilégié de la solidarité et de la fraternité.
On veille tout spécialement aux personnes isolées, qu’on entoure d’affection.
On fait preuve de générosité pour partager avec les plus démunis d‘ici et d’ailleurs.
Tous ceux qui sont d’habitude marginalisés sont invités comme des rois !
Mais en même temps, il convient d’être lucides : la mémoire s’estompe peu à peu.
Il en va en effet comme des fleurs coupées disposées dans un vase.
Dans un premier temps, les fleurs demeurent épanouies.
Mais, coupées de leurs racines et de leur milieu naturel, elles ont tôt fait de faner et de mourir.
Ainsi en est-il de Noël : si on n’entretient pas la mémoire vivante de cette fête,
on ne conservera bientôt plus qu’une coquille vide :
on parlera de valeurs de solidarité et de partage,
mais on ne saura plus où celles-ci trouvent leur fondement ni à quoi elles mènent.
Déjà la société de consommation déploie tout ce qu’elle peut :
débauche de lumières et de décorations,
sommes d’argent importantes englouties dans de la nourriture,
des cadeaux qui coûtent cher, des sorties et des distractions onéreuses.
N’est-ce pas paradoxal de fêter Noël de cette manière,
lorsqu’on sait que Noël c’est la naissance d’un fragile enfant dans la pauvreté d’une crèche ?
N’est-ce pas même provocant, quand on réalise que Noël c’est l’abaissement de Dieu
qui prend la condition de créature humaine,
et vient nous rencontrer dans la simplicité extrême ?
De plus, n’est-ce pas étonnant que, même en cette période de récession économique,
les gens vont dépenser beaucoup d’argent, comme si de rien n’était ?
Peut-être est-ce une manière de s’étourdir ? D’oublier les problèmes quotidiens ?
De faire le choix de profiter aujourd’hui de ce qui n’existera peut-être plus demain ?
N’est-ce pas une manière de gérer la peur du lendemain,
face à un avenir économiquement incertain,
et face à l’effacement des repères sociaux traditionnels ?
Mais l’enfant né dans la crèche de Bethléem vient pourtant nous rassurer :
Il nous dit : « : N’ayez pas peur !
L’humanité n’est pas seule face aux défis du monde. Dieu est présent. »
Puisse donc la contemplation du mystère de Noël
vous affermir dans la foi que Dieu est vraiment l’Emmanuel, Dieu-avec-nous,
et vous encourager à aborder l’année 2012 dans l’espérance !
Date de la dernière mise à jour de l'article : 2012-01-23









